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AI Act : ce qu’une ETI doit faire maintenant.

Réponse directe

Pour une ETI ou une PME qui utilise des outils d’IA sans en développer, trois obligations du règlement européen sur l’IA (AI Act, règlement UE 2024/1689) s’appliquent déjà : ne pas recourir aux pratiques interdites (article 5), assurer la maîtrise de l’IA par le personnel (article 4), et, en tant que déployeur, respecter les obligations de transparence pour les systèmes qui interagissent avec des personnes ou génèrent du contenu. Les obligations lourdes visent les systèmes à haut risque (annexe III), dont le calendrier a fait l’objet de discussions de report en 2025 et 2026. Les cinq livrables qui suffisent pour être en règle aujourd’hui : un registre des systèmes IA, une charte d’usage, une classification des usages par niveau de risque, des clauses fournisseurs, une formation attestée.

Qui est concerné ?

Le règlement distingue les fournisseurs (ceux qui développent ou mettent sur le marché un système d’IA) des déployeurs (ceux qui l’utilisent sous leur autorité dans un cadre professionnel). Une ETI qui utilise un assistant conversationnel, un outil de tri de candidatures, un système de scoring ou un générateur de contenu est un déployeur. C’est la situation de la quasi-totalité des organisations françaises de 50 à 5 000 personnes.

Quel est le calendrier ?

Date Ce qui s’applique Pour une ETI déployeur
1er août 2024 Entrée en vigueur Rien d’immédiat
2 février 2025 Pratiques interdites (art. 5), maîtrise de l’IA (art. 4) Obligatoire : formation du personnel, arrêt des usages interdits
2 août 2025 Obligations des modèles à usage général, gouvernance, sanctions Indirect : vos fournisseurs doivent documenter leurs modèles
2 août 2026 et au-delà Systèmes à haut risque (annexe III), transparence (art. 50) Selon vos usages (RH, crédit, santé, éducation) : vérifier la date applicable, des reports ont été discutés en 2025 et 2026

Le calendrier des systèmes à haut risque a été débattu au niveau européen ; vérifiez la date en vigueur pour votre cas au moment où vous lisez. Cela ne change rien aux obligations déjà applicables depuis février 2025, ni à l’intérêt d’un registre : on ne peut pas classer ce qu’on n’a pas inventorié.

Que dit l’article 4 sur la maîtrise de l’IA ?

Les fournisseurs et déployeurs prennent des mesures pour garantir, dans toute la mesure du possible, un niveau suffisant de maîtrise de l’IA de leur personnel et des personnes qui utilisent les systèmes pour leur compte, en tenant compte de leurs connaissances, du contexte d’utilisation et des personnes concernées. En pratique : une formation adaptée aux usages réels, attestée nominativement, renouvelée quand les outils changent. Ce n’est pas un module générique de sensibilisation.

Quelles sont les pratiques interdites ?

L’article 5 interdit notamment la manipulation subliminale ou trompeuse causant un préjudice, l’exploitation des vulnérabilités, la notation sociale, certaines formes de police prédictive, la constitution de bases de reconnaissance faciale par moissonnage, la reconnaissance des émotions au travail et dans l’éducation (hors motifs médicaux ou de sécurité), et la catégorisation biométrique sur des données sensibles. Pour une ETI, le point de vigilance concret : la reconnaissance des émotions dans les outils RH ou de relation client, et les outils de « détection » appliqués aux salariés.

Quelles sanctions ?

Article 99 : jusqu’à 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires annuel mondial pour les pratiques interdites ; jusqu’à 15 millions ou 3 % pour les autres manquements ; jusqu’à 7,5 millions ou 1 % pour des informations inexactes fournies aux autorités. Pour les PME, c’est le montant le plus bas des deux qui s’applique. L’amende n’est pas l’argument principal : le coût certain, c’est l’incident, le temps interne et l’outil acheté sans gouvernance.

Les cinq livrables qui suffisent aujourd’hui

  1. Registre des systèmes IA. Outil par outil : usage, données traitées, fournisseur, pays d’hébergement, responsable interne, niveau de risque. Y compris les outils utilisés sans autorisation.
  2. Charte d’usage. Ce qui est autorisé, avec quelles données, ce qui est interdit, à qui signaler. Une page, signée, annexée au règlement intérieur.
  3. Classification des usages. Inacceptable, haut risque, risque limité, risque minimal, pour chaque usage du registre. C’est ce qui déclenche ou non les obligations lourdes.
  4. Clauses fournisseurs. Localisation des données, absence de réutilisation pour l’entraînement, documentation du modèle, notification d’incident, réversibilité.
  5. Formation attestée. Adaptée aux postes, avec liste nominative et date. C’est la preuve de l’article 4.

Questions fréquentes

Nous n’utilisons pas d’IA, sommes-nous concernés ?

Presque toujours, oui. L’inventaire révèle des assistants dans la messagerie, la bureautique, le CRM, les outils RH et les navigateurs. La question n’est pas si vos équipes utilisent l’IA, c’est où partent les données quand elles le font.

Le RGPD ne suffit-il pas ?

Non. Le RGPD couvre les données personnelles ; l’AI Act couvre les systèmes, y compris quand ils traitent des données non personnelles (secrets d’affaires, données financières, propriété intellectuelle). Les deux se recoupent sur les analyses d’impact et se complètent.

Faut-il un DPO pour l’IA ?

Le règlement ne l’impose pas. Il faut un responsable identifié, un registre et un comité qui se réunit. Chez Magnetiks, c’est le contrat de gouvernance qui fournit les trois.

La position du cabinet

Le registre, la charte et la classification sont utiles quel que soit le calendrier des systèmes à haut risque : ils sont le préalable de toute mise en conformité, et le seul moyen de répondre à un comité d’audit qui demande où vont les données. Le cabinet les livre dans le premier trimestre d’un contrat de gouvernance, puis les tient à jour en comité. L’offre Gouvernance IA.

Sources

  • Règlement (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024 (AI Act), articles 3, 4, 5, 50, 99, 113 et annexe III.
  • Commission européenne, lignes directrices sur les pratiques interdites et sur la définition des systèmes d’IA (2025).
  • CNIL, recommandations sur le développement et l’usage des systèmes d’IA.
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En clairCe que cette page veut dire

Vous utilisez des outils d'intelligence artificielle sans en développer, et vous vous demandez ce que le règlement européen sur l'IA vous impose. Trois obligations s'appliquent déjà : ne pas recourir aux pratiques interdites, former votre personnel à l'usage de ces outils, et respecter la transparence pour les systèmes qui parlent à des personnes ou produisent du contenu. Vous êtes presque certainement déployeur, celui qui utilise un système sous son autorité, et non fournisseur, celui qui le développe : vos obligations sont nettement plus légères. Cinq livrables suffisent aujourd'hui : un registre des outils d'IA réellement utilisés, une charte d'usage d'une page, une classification des usages par niveau de risque, des clauses fournisseurs, et une formation attestée nominativement. L'ordre compte : on ne peut pas classer ce qu'on n'a pas inventorié.

Ce que ça coûterien de lire, le diagnostic conformité coûte 2 500 € HT
En combien de tempsdiagnostic en 15 jours ouvrés, obligations en vigueur depuis 2025
Ce que vous recevezles 5 livrables, le calendrier et les sanctions de l'article 99

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Sous cinq jours ouvrés : périmètre, livrables, enveloppe d'heures, calendrier, clauses de continuité et de sortie.

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Questions fréquentes10 réponses · mis à jour le 02/11/2026

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À partir de quand l'AI Act s'applique-t-il à une ETI ou une PME ?

Depuis le 2 février 2025 pour les pratiques interdites de l'article 5 et la maîtrise de l'IA par le personnel de l'article 4. Le 2 août 2025 a ouvert les obligations des modèles à usage général, la gouvernance et les sanctions, ce qui vous touche indirectement par vos fournisseurs, tenus de documenter leurs modèles. Le volet des systèmes à haut risque de l'annexe III et la transparence de l'article 50 étaient attendus à partir du 2 août 2026, avec des reports discutés en 2025 et 2026 : vérifiez la date en vigueur pour votre cas au moment où vous lisez.

Sommes-nous fournisseur ou déployeur au sens du règlement ?

Déployeur, dans la quasi-totalité des cas. Le règlement UE 2024/1689 appelle fournisseur celui qui développe ou met un système d'IA sur le marché, et déployeur celui qui l'utilise sous son autorité dans un cadre professionnel. Une organisation de 50 à 5 000 personnes qui utilise un assistant conversationnel, un outil de tri de candidatures, un système de scoring ou un générateur de contenu est déployeur, avec des obligations nettement plus légères que celles d'un fournisseur.

Quelles sont les sanctions prévues par l'AI Act ?

L'article 99 prévoit jusqu'à 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires annuel mondial pour les pratiques interdites, jusqu'à 15 millions ou 3 % pour les autres manquements, et jusqu'à 7,5 millions ou 1 % pour des informations inexactes fournies aux autorités. Pour les PME, c'est le montant le plus bas des deux qui s'applique. L'amende n'est pourtant pas l'argument principal : le coût certain, c'est l'incident, le temps interne et l'outil acheté sans gouvernance.

Quelles pratiques d'IA sont interdites, et depuis quand ?

Depuis le 2 février 2025, l'article 5 interdit notamment la manipulation subliminale ou trompeuse causant un préjudice, l'exploitation des vulnérabilités, la notation sociale, certaines formes de police prédictive, la constitution de bases de reconnaissance faciale par moissonnage, la reconnaissance des émotions au travail et dans l'éducation hors motifs médicaux ou de sécurité, et la catégorisation biométrique sur des données sensibles. Pour une ETI, le point de vigilance concret est la reconnaissance des émotions dans les outils RH ou de relation client, et les outils dits de détection appliqués aux salariés.

Que faut-il produire en premier pour être en règle ?

Cinq livrables suffisent aujourd'hui : un registre des systèmes d'IA, outil par outil, y compris ceux utilisés sans autorisation ; une charte d'usage d'une page, signée et annexée au règlement intérieur ; une classification des usages entre inacceptable, haut risque, risque limité et risque minimal ; des clauses fournisseurs sur la localisation, la non-réutilisation pour l'entraînement, la documentation du modèle, la notification d'incident et la réversibilité ; une formation attestée nominativement, qui est la preuve de l'article 4. L'ordre compte : on ne peut pas classer ce qu'on n'a pas inventorié.

Combien coûte l'instruction de l'AI Act par le cabinet ?

Le diagnostic conformité sectorielle est à prix fixe, 2 500 € HT en quinze jours ouvrés : il confronte votre registre des traitements à la réalité de vos outils, l'état de vos contrats de sous-traitance à l'article 28 du RGPD, et classe vos usages d'intelligence artificielle par niveau de risque, chaque écart rattaché au texte qui l'impose et à la preuve qui manque. Les cinq livrables sont ensuite produits dans le premier trimestre d'un contrat de gouvernance digitale, de 12 000 à 45 000 € HT par an selon le palier, puis tenus à jour en comité. Le cabinet est ingénieur et non avocat : il dit ce que l'état de vos systèmes démontre, votre conseil dit le droit.

Les outils d'IA que nos salariés utilisent sans autorisation doivent-ils figurer au registre ?

Oui. Le registre des systèmes IA recense les outils réellement utilisés, y compris ceux adoptés sans autorisation : un inventaire limité aux outils validés ne reflète pas le risque réel. Pour chacun, le registre indique l'usage, les données traitées, le fournisseur, le pays d'hébergement, le responsable interne et le niveau de risque. L'inventaire révèle le plus souvent des assistants déjà présents dans la messagerie, la bureautique, le CRM, les outils RH et les navigateurs. C'est le préalable de la classification des usages par niveau de risque : on ne peut pas classer ce qu'on n'a pas inventorié.

Peut-on utiliser un outil RH qui analyse les émotions des candidats ou des salariés ?

Non. L'article 5 du règlement européen sur l'IA (règlement UE 2024/1689) interdit la reconnaissance des émotions sur le lieu de travail et dans l'éducation, hors motifs médicaux ou de sécurité, et cette interdiction s'applique depuis le 2 février 2025. Les manquements aux pratiques interdites relèvent du plafond de sanction le plus élevé de l'article 99 : jusqu'à 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus bas des deux étant retenu pour les PME. Pour une ETI, le point de vigilance concret se situe dans les outils RH et de relation client, ainsi que dans les dispositifs de « détection » appliqués aux salariés, souvent activés par défaut sans décision interne. Le registre des systèmes IA est le seul moyen de repérer ces fonctions : on ne peut pas classer ce qu'on n'a pas inventorié.

Que faut-il exiger par contrat de nos fournisseurs d'outils d'IA ?

Cinq clauses suffisent à couvrir l'essentiel : la localisation des données, l'absence de réutilisation des données pour l'entraînement des modèles, la documentation du modèle, la notification d'incident et la réversibilité. Ces exigences sont celles d'un déployeur, c'est-à-dire d'une organisation qui utilise un système d'IA sous son autorité sans le développer, et elles s'appuient sur les obligations de documentation qui pèsent sur les fournisseurs de modèles à usage général depuis le 2 août 2025. Les clauses fournisseurs constituent l'un des cinq livrables qui mettent une ETI en règle aujourd'hui, avec le registre des systèmes IA, la charte d'usage, la classification des usages par niveau de risque et la formation attestée. Elles se négocient à partir du registre : on ne contractualise utilement qu'avec les fournisseurs que l'on a inventoriés, usage par usage et donnée par donnée. Le cabinet livre ces clauses dans le premier trimestre d'un contrat de gouvernance, puis les tient à jour en comité, en France entière et en Suisse romande.

Doit-on prévenir nos clients qu'ils parlent à une IA et non à un humain ?

Oui : en tant que déployeur, vous êtes tenu aux obligations de transparence du règlement européen sur l'IA (article 50) pour les systèmes qui interagissent avec des personnes ou qui génèrent du contenu. Cela vise concrètement l'agent conversationnel du site, le répondeur du service client et les contenus produits par un générateur, qui doivent être identifiables comme tels par la personne en face. Ces obligations figurent à l'échéance du 2 août 2026 et au-delà du calendrier du règlement, échéance dont des reports ont été discutés en 2025 et 2026 : vérifiez la date en vigueur pour votre cas. La mise en œuvre passe par le registre des systèmes IA et la classification des usages, qui désignent précisément lesquels de vos outils parlent à des personnes ou produisent du contenu.

Par où commencerDeux marches, aucune n'engage
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