Blog · Souveraineté

Souveraineté des données : ce que ça veut dire pour une ETI.

Réponse directe

Pour une organisation, la souveraineté des données est la capacité de répondre, pièces à l’appui, à quatre questions : où sont physiquement nos données, quel droit s’applique à ceux qui les hébergent et les traitent, qui peut y accéder sans notre accord, et combien de temps il nous faudrait pour changer de fournisseur. Ce n’est pas un choix de nationalité de fournisseur : c’est un état documenté, révisé à chaque changement d’outil. Une ETI l’atteint en trois livrables : une cartographie des flux et des prestataires, des contrats qui répondent aux quatre questions, et une architecture qui préserve la réversibilité.

Pourquoi le mot est-il devenu flou ?

Parce qu’il sert à tout vendre. Un hébergeur français, un « cloud de confiance », une suite bureautique européenne, une charte d’usage : chacun se dit souverain. La seule définition utile est opérationnelle : peut-on prouver où sont les données, sous quel droit, avec quels accès, et peut-on partir. Un fournisseur qui ne répond pas à ces quatre questions par écrit n’est pas souverain, quelle que soit son adresse.

Quelles sont les quatre questions ?

Question Ce qu’il faut obtenir Ce qui ne suffit pas
Où sont les données ? Les pays d’hébergement et de sauvegarde, écrits au contrat, y compris pour les sous-traitants du fournisseur « Région Europe » sans liste des pays et des sous-traitants
Quel droit s’applique ? Le droit du pays du fournisseur et de sa maison mère ; pour un groupe américain, l’exposition au CLOUD Act et au FISA 702 quelle que soit la localisation Une clause de conformité RGPD seule
Qui peut accéder ? La liste des accès techniques du fournisseur (support, exploitation), la journalisation, la notification de toute demande d’autorité Le chiffrement « au repos » quand le fournisseur détient la clé
Comment partir ? Export complet dans un format ouvert, délai, coût, suppression certifiée, durée de la transition Une API qui exporte partiellement, sans les pièces jointes ni l’historique

Le CLOUD Act change-t-il quelque chose pour une donnée hébergée en France ?

Oui. Le CLOUD Act (2018) permet aux autorités américaines d’exiger d’un fournisseur soumis au droit américain la communication de données qu’il contrôle, où qu’elles soient stockées. La localisation en France d’un centre de données exploité par une filiale d’un groupe américain ne suffit donc pas. Le cadre de transfert UE-États-Unis en vigueur encadre les transferts, mais il ne change pas l’obligation du fournisseur face à une réquisition. Pour des données sous secret professionnel, sous secret des affaires ou sous communication financière réglementée, c’est une exposition à documenter, et le plus souvent à éviter par l’architecture.

Que peut faire une ETI, concrètement ?

1. Cartographier

Chaque outil, chaque flux, chaque prestataire, y compris les outils d’IA utilisés sans autorisation. C’est le livrable de base : sans lui, toute décision est une intuition.

2. Classer

Toutes les données n’ont pas besoin du même niveau. Communication publique, données de fonctionnement, données personnelles, données sous secret, données réglementées. La souveraineté se concentre sur les deux dernières catégories ; le reste suit une règle de bon sens.

3. Contractualiser

Pour chaque fournisseur qui touche les catégories sensibles : les quatre questions, par écrit, avec des réponses vérifiables. Un fournisseur qui refuse est une décision à prendre, pas une fatalité.

4. Architecturer la réversibilité

Formats ouverts, exports testés, clés de chiffrement détenues par vous, pas de dépendance à une fonction propriétaire pour un processus critique. La souveraineté commence par la capacité de changer de fournisseur sans reconstruire.

5. Tenir en comité

La cartographie se périme en un trimestre. Un comité qui relit la liste des prestataires et des flux chaque mois est ce qui distingue une gouvernance d’un audit oublié.

Questions fréquentes

Un hébergeur français suffit-il ?

C’est une bonne réponse à la deuxième question (le droit applicable), pas aux trois autres. Il faut encore savoir où sont les sauvegardes, qui accède, et comment on part.

Le chiffrement règle-t-il le problème ?

Seulement si vous détenez la clé et que le fournisseur ne peut pas la lire. Un chiffrement dont la clé est gérée par l’hébergeur protège contre le vol physique, pas contre une réquisition ni contre un accès interne.

Est-ce un projet informatique ?

C’est un projet de direction, instruit par l’informatique. Les arbitrages (quel fournisseur on quitte, quel coût on accepte, quel risque on documente) appartiennent au comité de direction, et pour une cotée, au comité d’audit.

La position du cabinet

La souveraineté par la charte d’usage n’existe pas. Elle existe par l’architecture et le contrat : cartographie, classification, clauses, réversibilité, comité. C’est ce que le cabinet livre dans son audit et tient dans son contrat de gouvernance, et ce qu’il applique à ses propres produits : VERA OS est hébergée en France, isolée par cabinet, exportable à tout moment. L’audit et les diagnostics de souveraineté · Gouvernance digitale.

Sources

  • Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (CLOUD Act), 2018 ; FISA section 702.
  • RGPD, chapitre V (transferts), articles 28 et 32.
  • ANSSI, référentiel SecNumCloud ; CNIL, recommandations sur l’hébergement et les transferts.
  • Retours d’expérience du cabinet sur des missions de gouvernance et de remédiation dans les secteurs santé et biotech.
Article précédent : IA générative et secret professionnel : ce qui survit au prompt
En clairCe que cette page veut dire

Vous ne savez pas dire, pièces à l'appui, où sont vos données ni qui peut les lire sans votre accord. La souveraineté des données n'est pas la nationalité de votre fournisseur : c'est votre capacité à répondre à quatre questions, où sont physiquement les données, quel droit s'applique à ceux qui les hébergent, qui y accède sans votre accord, et combien de temps il vous faudrait pour changer de fournisseur. Un centre de données situé en France mais exploité par la filiale d'un groupe américain reste exposé au CLOUD Act, cette loi de 2018 qui permet aux autorités américaines d'exiger les données qu'un fournisseur contrôle, où qu'elles soient stockées. Une organisation y arrive en cinq temps : cartographier ses outils et ses prestataires, classer ses données, contractualiser les quatre questions, organiser la réversibilité, et relire tout cela en comité. La charte d'usage ne suffit pas : seuls l'architecture et le contrat tiennent.

Ce que ça coûterien de lire, le diagnostic souveraineté coûte 2 900 € HT
En combien de tempsdiagnostic en 15 jours ouvrés, cartographie périmée en un trimestre
Ce que vous recevezles 4 questions à poser, et les réponses qui ne suffisent pas

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08 · Comment ça démarreRéponse sous 24 h ouvrées · compte rendu sous 48 h

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Cadrage exécutif en visioconférence ou sur site. Votre contexte, ce qui a déclenché la demande. Le cabinet nomme l'offre et une enveloppe indicative.

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Ce qui se passe ensuiteTrois temps, vous décidez à chacun
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Vous lisez, et vous vérifiez chez vous

Ces pages sont écrites pour être utiles sans nous. Les sources et les textes de référence sont nommés.

02

Vous posez la question qui reste

La réponse écrite est gratuite et arrive sous deux jours ouvrés, sans rendez-vous préalable.

03

Vous faites relever l'écart, ou pas

Un diagnostic à prix fixe existe pour chacune de ces questions. Il n'est jamais nécessaire pour comprendre la page.

Questions fréquentes6 réponses · mis à jour le 02/11/2026

6 questions, 6 réponses.

Les réponses du cabinet, en clair. Si votre question n'y est pas, posez-la : la réponse vous revient par écrit.

Qu'est-ce que la souveraineté des données, concrètement ?

C'est la capacité de répondre, pièces à l'appui, à quatre questions : où sont physiquement nos données, quel droit s'applique à ceux qui les hébergent et les traitent, qui peut y accéder sans notre accord, et combien de temps il nous faudrait pour changer de fournisseur. Ce n'est pas un choix de nationalité de fournisseur, c'est un état documenté, révisé à chaque changement d'outil. Une ETI l'atteint en trois livrables : une cartographie des flux et des prestataires, des contrats qui répondent aux quatre questions, et une architecture qui préserve la réversibilité.

Le CLOUD Act s'applique-t-il à des données hébergées en France ?

Oui. Le CLOUD Act de 2018 permet aux autorités américaines d'exiger d'un fournisseur soumis au droit américain la communication de données qu'il contrôle, où qu'elles soient stockées. La localisation en France d'un centre de données exploité par la filiale d'un groupe américain ne suffit donc pas, et le cadre de transfert entre l'Union européenne et les États-Unis n'efface pas l'obligation du fournisseur face à une réquisition. Pour des données sous secret professionnel, sous secret des affaires ou sous communication financière réglementée, c'est une exposition à documenter, et le plus souvent à éviter par l'architecture.

Quelles questions poser à un fournisseur, et qu'exiger par écrit ?

Les pays d'hébergement et de sauvegarde écrits au contrat, y compris pour les sous-traitants du fournisseur, et non une mention région Europe sans liste. Le droit du pays du fournisseur et de sa maison mère, et non une clause de conformité RGPD seule. La liste des accès techniques du fournisseur, support et exploitation, la journalisation et la notification de toute demande d'autorité, et non un chiffrement au repos dont le fournisseur détient la clé. Enfin l'export complet dans un format ouvert, avec délai, coût, suppression certifiée et durée de transition, et non une interface qui exporte partiellement, sans les pièces jointes ni l'historique.

Par où commence une ETI qui veut reprendre la main ?

Par la cartographie : chaque outil, chaque flux, chaque prestataire, y compris les outils d'IA utilisés sans autorisation. Vient ensuite la classification, car toutes les données n'ont pas besoin du même niveau et l'effort se concentre sur les données sous secret et les données réglementées. Puis la contractualisation des quatre questions pour chaque fournisseur qui touche ces catégories, et l'architecture de la réversibilité : formats ouverts, exports testés, clés de chiffrement détenues par vous. La cartographie se périme en un trimestre : c'est le comité qui relit la liste des prestataires et des flux chaque mois qui distingue une gouvernance d'un audit oublié.

Quelle différence avec la conformité au RGPD ?

Le RGPD encadre le traitement des données personnelles ; la souveraineté porte sur la localisation, le droit applicable, les accès et la réversibilité, y compris pour des données non personnelles comme le secret des affaires, les données financières ou la propriété intellectuelle. Une clause de conformité RGPD ne répond pas à la question du droit applicable : un fournisseur soumis au droit américain reste exposé au CLOUD Act et à la section 702 du FISA, quelle que soit la localisation annoncée.

Combien coûte l'établissement de cet état documenté ?

Le diagnostic souveraineté numérique est à prix fixe, 2 900 € HT, livré en quinze jours ouvrés, et il est déductible à 100 % du premier trimestre d'un contrat de gouvernance. L'audit complet, qui instruit la souveraineté, la conformité, la visibilité et la reconnaissance offensive dans un seul dossier, est à 8 900 € HT. La tenue dans le temps, comité à date fixe, registre opposable et astreinte d'incident, relève du contrat de gouvernance digitale, de 12 000 à 45 000 € HT par an selon le palier. La souveraineté par la charte d'usage n'existe pas : elle existe par l'architecture et le contrat.

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